Le jour où je ne suis pas morte, la suite !

Après avoir pris RDV et passé l’IRM, il faut passer à la seconde étape, aller voir le médecin à l’hôpital et avoir son avis.

Son avis en fait, je l’ai déjà puisqu’il était passé me voir lors de l’appendicectomie et m’avait déjà confirmé qu’il faudrait opérer. Je ne m’attendais pas à de gros rebondissements.

Opération, donc. On prépare le bébé à mon absence. C’est très compliqué pour lui, j’y reviendrai. Les grands sont au courant. Je serai de retour le lendemain, si tout va bien. Tout ira bien, que peut-il se passer de toute façon?

On m’endort, on enlève les kystes, on referme, on me réveille. On m’annonce que tout s’est bien passé. On me propose de voir l’objet du délit.

La, y’a un truc qui cloche. Depuis quand un médecin propose de voir « ça » ? Je ne sais pas pourquoi mais je me sens pas très à mon aise. Je sais que quelque chose ne va pas. On me prévient que c’est particulier, que parfois les kystes sont très intéressants à voir, que le corps produit des choses étonnantes. Je ne me rappelle plus des mots savants qu’ils prononcent et je me dis que, ouais, pourquoi pas. En plus Il n’a pas loupé une seule saison d’Urgences et de Docteur House, ça lui plaira surement de voir la curiosité que j’ai créée.

Je leur demande de passer plus tard, quand Il sera là. Rendez vous est pris pour la fin d’après midi.

Et donc le soir à 17h, on nous amène un bocal. Erk, c’est moche. Je crois que je me sens mal, leurs voix s’éloignent, je crois que je vais m’asseoir. Je … AIE!!

Mais pourquoi Il me secoue? Non mais oh! Quoi tout va bien? Hein? Quoi ? Ah ben oui, je suis chez moi, dans mon lit. DANS MON LIT !!! Je passe la main sur mon ventre et je ne sens rien. Pas de pansement, rien.

Ah ben oui, c’est lundi, mon rendez-vous à l’hôpital ! Pfffff ….

[Je fais ce cauchemard toutes les nuits. TOUTES LES NUITS BORDEL. A priori, j’ai un kyste dermoïde, je te laisse chercher ce que c’est si tu veux, mais en fait, tu veux pas. Non, je t’assure, tu veux pas. Et moi j’ai tellement peur et tellement hâte que tout ça soit fini.]

[Côté petits bonheurs du quotidien, je suis pas encore au point, mais ça ira vite mieux, promis]

Le jour où je ne suis pas morte

Et donc, j’ai été opérée en début de mois de l’appendicite, ce qui a permis de découvrir un peu par hasard qu’il faudrait que je repasse sur le billard rapidos pour enlever deux vilains petits kystes. Soit.

Première étape, prendre rendez-vous pour l’IRM. Note pour plus tard et sans rire, c’est une grande leçon, n’en parler à personne avant. PERSONNE !!! Ça évitera les « oh mon dieu, c’est horrible, tu verras, on a l’impression de rentrer dans un cercueil » et autres « et si c’était que petit, mais en plus, y’a un boucan d’enfer, c’est insupportable », « et puis on te met un produit de contraste, c’est super dangereux, il peut y avoir des réactions allergiques graves » … J’ai donc pris RDV, et commencé à faire des recherches sur internet.

Fatale erreur! J’ai découvert que le corps humain était surprenant et qu’on peut effec NON!!! En fait t’as pas envie de savoir!

Je suis arrivée au rendez vous en pleurs, certaine d’y rester ou de découvrir un truc grave ou hyper dégoûtant au milieu de mes entrailles.

Et si vous me lisez, c’est que j’en suis sortie vivante.

Pour le reste, faudra attendre demain !

 

11,25

11,25, c’est, en euro, le prix de la culpabilité.

Ce soir, j’ai oublié mes enfants à l’école. Enfin oublié, c’est un bien grand mot, j’ai oublié de me réveiller en vérité. Je me suis assise 5 minutes dans un fauteuil et, pfuit, je me suis réveillée 2 heures plus tard. Bien après l’heure de la sortie des classes. Ouille. Toc et paf. Autant dire que le réveil a été rude.

En arrivant à l’école, j’ai retrouvé mes petits poussins serrés l’un contre l’autre. Je crois qu’ils ont eu peur, ils n’ont pas voulu être séparés. Robin, en maternelle, s’est retrouvé à l’étude avec son grand frère, au milieu des CPs et des CM2. Et, très fier, il a fait des devoirs. Chouette école.

Alors on a fabriqué du doux. On est passés par la boulangerie en rentrant, on a acheté deux pains au chocolat, une viennoise aux pralines, des mini beignets au chocolat, un éclair au citron et deux petits bonbons. Et du pain tout chaud. On est rentrés sous la pluie glacée, on a posé tout ça sur la table, préparé deux chocolats chauds et un thé brûlant. Goûter pantagruélique pour réparer les bobos et balayer la fatigue.

Après, ils se sont disputés pour savoir qui pourrait jouer avec la locomotive télécommandée.

Mais n’empêche, c’était bien.

Esteban – J12

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Il dit « je joue, je gagne, je rejoue ». On a joué, on a gagné. Et donc, trois garçons.

Maxime, 6 ans. Robin, 4 ans. Esteban, 7 mois et 11 jours.

Il a eu le bon goût de naître le 31 mai 2015, qui est, comme nul ne devrait l’ignorer, la fête des mères le 60ème anniversaire d’une personne fort importante. Ma môman. J’aurais voulu le faire, suis pas sûre que j’y serais arrivée.

Depuis, il illumine nos vies avec ses « papapapou », ses « pfffff », ses « mamamamama », sa dent et demi, ses petites patounes potelées qui attrapent tout ce qui passe à sa portée. En priorité nos lunettes et son assiette de purée de carottes, sinon c’est pas drôle. Il a fait ses nuits à 2 mois et des poussières. Depuis il a oublié comment on faisait. Mais le jour, je crois que c’est le bébé le plus calme que j’ai eu l’occasion de rencontrer.

A mon avis, ça cache un truc et quelque chose me dit qu’on a pas fini de rire.

[En fait on se passe très bien de son appendice. Et ca va beaucoup mieux. Aujourd’hui, j’ai reussi à mettre un pantalon. Prochaine étape, demain, je le ferme]

 

Se réveiller J5

Opérée mardi en urgence d’un appendice fatigué.  Joie de se réveiller apres l’anesthésie et impatience de retrouver mes bébés. Encore quelques jours bloquée dans un corps malmené et je rentre !

Le bonheur – J4

Le bonheur … ressemble à trois petits garçons qui s’embrassent fort et rient beaucoup. Et vice versa.

Bonheur

Retrouver les clés (J3)

Se poser devant son bureau. S’étirer les bras, les mains, faire craquer ses doigts. Se détendre la nuque, se servir une bière un thé bien chaud, faut bien ça.

Allumer l’ordinateur, chrome. Retrouver l’url du blog, retrouver login et mot de passe. Oh, tiens, ça fonctionne encore.

Eternuer, y’a un peu de poussière par ici. Faut changer le papier peint, repeindre les plinthes, aérer, changer les plantes vertes qui ont séché. Y’en a du boulot.

Et c’est r’parti pour un tour !

Perdue

Travaillé de 6h15 ce matin à minuit ce soir. Si je compte bien cela fait 18 heures. Trop, si on compte les 11 heures d’hier. Entre 50 et 60 par semaine.

Je suis en train de passer à côte de tout et surtout du principal.

Cest décidé, demain, je change de job.

Enfin si je trouve le temps de mettre a jour mon c.v.

Des promesses en l’air

Hier, en allant récupérer mes loulous chez leur nounou, ils me sont tombés dessus « A. a un gros chagrin » a dit Maxime. « Oui elle est tré tritse » a rajouté Robin. Bon. J’ai demandé ce qu’il s’était passé et ils m’ont expliqué que sa mamie était partie voir Jésus au ciel. Evidemment j’ai compris tout de suite mais eux … Ils ne savent pas qui est Jésus et le ciel c’est bleu avec des nuages, je ne leur en ai pas parlé, de ces choses là (enfin c’est pas vrai, je leur ai expliqué que certaines personnes y croient. Mais ça ne fait pas partie de notre culture familiale alors ils ont du mal à imprimer). Bwef.

Alors je leur ai demandé s’ils lui avaient fait un gros câlin. « Non » a dit Maxime. « Oui et un Ros bisou » à dit Robin.

On a ramené A. et on a eu une petite discussion sur « Jésus » et « le ciel ». Ils n’avaient effectivement pas tout compris, ils se demandaient si la mamie de A. y avait été en avion et quand elle allait revenir. Alors j’ai du leur dire que quand un grand dit « partir au ciel », c’est un joli mot pour dire qu’en fait on est mort et qu’on ne se reverra jamais.
« Mais c’est très triste » a dit Maxime.
« Oui », j’ai dit.
« Mais moi je veux pas que tu mourriras jamais » il a dit.

C’est la que j’ai, pour la première fois je crois, fait une promesse que je ne suis pas sure de pouvoir tenir: » Mais je ne vous laisserai pas tant que vous aurez besoin de moi, je partirai quand vous serez très très très vieux ».

Alors il a dit d’accord. Et il a ajouté « c’est trop nul d’être mort ».

Et la c’est moi qui ait dit d’accord.

Après on s’est fait des bisous, des chatouilles et des câlins. Et on a décidé qu’on était bien vivants, on a fait un gâteau au chocolat et on a mangé des pizzas.

Toc toc toc!

Un certain 20 septembre, 6 heures du mat’

Toc toc toc!

*** Tiens, ça toc, dans mon ventre ***

Toc toc toc!

***Ah tiens, ça retoque, dans mon ventre ***

TOC TOC TOC

***Ah tiens, ça reretoque avec insistance la***

***Qu’est ce qu’elle avait dit la sage femme déjà? Ah, oui, venir de toute urgence. VenirrrRRrr psss … Venirrrr … Rrrrrr***

TOC TOC TOC

***Oui bon, urgence, c’est vrai !!! Chéri, bon ben ta réunion super importante est annulée, on a un RDV là ***

On s’est levés, on a habillé Maxime, embarqué doudou et tétine. Prévenu Mamie qu’on arrivait et hop, 3 heures après, j’accouchais d’un merveilleux bébé de 4 kilos. C’était il y a un an, j’ai l’impression que c’était hier et pourtant, je ne me rappelle plus comment c’était, avant ma bille de clown à moi que j’aime …