AMPHIGOURIQUE

Second mot, posté le 19/02/04.

Au risque de paraître ténébreux, sombre ou obscur, il ne m’a pas été facile de déterminer le sens exact de ce joli mot, non sans rapport avec la capacité d’une chose ou d’un être d’être à la fois à l’aise sur terre ou dans l’eau. Cependant, penser en simple étudiant et ne voir comme sens à ce mot que le fait qu’un prof. se soit gourré dans une démonstration de théorème devant un amphi de 500 personnes, ne serait pas exhaustif (tiens, faudra que je pense à le définir celui-là …).

Certes, populairement, dire « oh lala, Mr. Untel est vraiment amphigourique » se rapporte à la définition susnommée (nommée étant une friandise du style commun « sucette », ma foi très agréable à sucer, lécher, croquer). Et là je dit STOP !!! Mauvaise utilisation d’un mot pourtant si simple. Comme je l’ai déjà fait, la signification du mot vient de sa décomposition. 

Prenons donc en premier lieu la racine évidente du mot, c'est-à-dire « -GOUR- ». si l’on ouvre le dictionnaire commun à tous mortels que nous sommes, nous pouvons y trouver la définition suivante :

 

Gour s. m.:
            Flaque ou trou d'eau dormante dans une rivière. « Avec le Toine on va aller battre des agottiaux dans le gour ». Rég. sém. Patois gor, du latin gurges trou d'eau.

(Ci-contre, le gour du Tazenat, dans la   chaîne des dômes)

 

Cela dit, certes ce mot et cette définition ne sont pas très joyeux (eau stagnante, etc.…), mais vous allez constater que le sens véritable est encore plus noir et ténébreux. En effet, pour véritablement obtenir quelque chose de convaincant (après cela vous serez des idiots à multiples fessiers lol) il faut voyager, prendre son petit sac de couchage et se rendre en premier lieu au Maroc.

En effet, dans la localité du souk Jemaâ d’El Gour, limité à l’est par le ravin d’Aïn Taoujtate et la plaine de Saïss, à l’ouest par le plateau de Meknès, au nord par Jbel Kannoufa et sud par les contreforts du Moyen – Atlas, se trouve le mausolée du Gour.

Ce qui est marquant, c’est que ceci se retrouve dans un autre pays qui est l’Ouzbékistan. En effet, dans la ville de Samarkand, autrefois haut lieu pour les études islamiques, se trouve un autre mausolée, le GOUR-EMIR !

 

Caveau familial des Timurides, sa coupole de brique bleu azur fut comparée par les poètes anciens au ciel. Y repose Timur Lang (aucun rapport avec Jack, quoique lol), mort en 1405 alors qu’il marchait avec ses troupes sur la Chine. Son corps fut parfumé à l’eau de rose et au camphre et ramené à Samarkand, quelques milliers de kilomètres en arrière.

D’autres mausolées doivent exister, mais jusqu’à présent je n’en ai pas connaissance.

Restent donc à expliquer « -Amphi » et « -ique ».

Tout d’abord, la terminaison de amphigourique n’est qu’une vision venant d’un visionnaire (celui là même qui a prononcé ce mot la toute première fois (marina), toutoute première fois (marina), toutoute première fois…. bref on connaît la chanson), qui a vu au 45° siècle avant je sais pas qui, qu’un jour un PDA serait couplé à un système GPS.

Sinon, plus sérieusement (… ah non, ça je peux pas snif !!!), on peut penser à une dérivation de l’âne. En effet, gour + ique = gourique, et gourique est phonétiquement proche de bourrique.

De plus, -amphi est clairement en rapport avec l’abréviation d’amphithéâtre, théâtre de nos usades de patalons (patalo ou patoton …).

 

Pour résumer, voici donc deux définitions relativement arbitraires et quasiment inexactes de amphigourique :

-                            être étudiant (faut vraiment être un âne pour passer son temps dans les amphis)

-                            se faire enterrer dans un théâtre antique en ayant le hoquet (hic).

Si mon explication vous semble confuse et sibylline, ne serait-ce pas simplement parce qu ‘elle se veut amphigourique ?